Dans les veines | Morgane CAUSSARIEU

#Repost

« Parce que les gentils vampires, ça n’existe pas ».

La nuit, Bordeaux a peur. Tandis que l’on repêche des cadavres exsangues dans la Garonne, des filles perdues poussent leurs derniers soupirs au son du Bathory, nouveau repaire de la faune interlope. Le lieutenant Baron suit la trace tueurs dégénérés avides de sexe, de drogue et de rock’n’roll, bien décidés à saigner la cité girondine. Et alors que l’investigation piétine, sa propre fille s’entiche de l’inquiétant Damien, gueule d’ange mais soif insatiable…

D’une méticulosité jouissive, l’écriture de Morgane Caussarieu tord le cou aux clichés bit-lit pour revenir à l’essence même du vampire : un être amoral, violent, à l’érotisme déviant. Parce que les gentils vampires, ça n’existe pas.

Aussi essayiste et traductrice, cette punkette de 27 ans a obtenu le prix Bob Morane pour « Je suis ton ombre« , second volet de sa saga aux longues dents, amorcée avec « Dans les veines« .

Parution aux éditions Mnemos en septembre 2012 (312 pages – 19,50 €).

Parution aux éditions Helios en mai 2015 (435 pages – 10,90 €).


J’ai fait la connaissance des écrits de Morgane Causssarieu grâce à la chronique de « Je suis ton ombre », publiée par un ami, dans laquelle il mentionne le mot « vampires », en parlant de son premier livre, « Dans les veines« . Forcément, en bonne addict de ces créatures et de tous les mythes qui les entourent, je me suis jetée dessus lorsqu’il est sorti en poche aux éditions Hélios.

Eh bien bon sang, je ne regrette absolument pas de l’avoir fait !

Quand vous lisez le quatrième de couverture, il y est dit que l’écriture de Morgane Caussarieu est d’une méticulosité jouissive… C’est encore mieux que ça. En termes de méticulosité avec ses personnages, elle ne fait vraiment pas dans la dentelle, et remet au goût du jour le vrai vampire, cet être odieux et sanguinaire, dans tout ce qu’il a de plus horrible pour satisfaire les besoins de sa nature d’immortel. Avec des termes trash et cash, son écriture navigue entre le langage ordurier, le familier et le langage soutenu, en fonction du personnage qui est au premier rang dans le chapitre en cours. Ainsi, on retrouvera des passages emplis d’une certaine « poésie » et plein de bons sentiments, pour plonger au chapitre suivant dans la vulgarité la plus totale.

Parlons un peu des personnages, justement… On se rend vite compte que malgré la communauté qu’ils forment, ils ont chacun leur propre personnalité, et que pour certains d’entre eux l’entente n’est pas si bonne que ça. Le chef de la bande est un gamin haut comme trois pommes, à qui on donnerait le bon dieu sans confession (tout du moins en apparence, bien sûr), et qui, quelque part, tient ses comparses en laisse. Parmi eux, une bande de mortels qui ne sont que des abreuvoirs et des fournisseurs de cames, auxquelles l’un deux, un ancien punk déchu, est véritablement accro.

Puis vient Damian, décrit comme une gueule d’ange (et c’est bien ainsi que je l’ai imaginé en lisant sa description), un vampire à l’âme torturée et sombre. Je n’aime pas faire de comparaisons entre les livres d’auteurs qui ont écrit sur le sujet des vampires, mais avec Damian, force est de constater que je n’ai pu m’empêcher de penser au couple de Twilight lorsqu’il commence sa relation avec Lily… (ne pas m’étriper, merci d’avance !). Pendant quelques chapitres, Morgane Caussarieu a tellement bien détourné les pistes que j’ai bien cru me retrouver avec un gentil vampire plein de regrets, et failli lâcher ma lecture. Fort heureusement, ma comparaison inutile et tordue s’est bien vite arrêtée, lorsque la véritable motivation de Damian est apparue, et que l’auteure a remis les choses à leur place.

Ce qu’il faut aussi retenir de ce livre, ce sont les nombreuses et ô combien jouissives références autant cinématographique et littéraires que l’auteure nous distille savamment tout au long du livre. Rien que le nom de la boîte de nuit où les jeunes bordelais vont se dépraver, le Bathory, en est une qui m’a donné le sourire jusqu’aux oreilles. Des références comme celles-ci, qu’elles soient contemporaines ou bien plus anciennes, le livre en est truffé, et c’est vraiment le pied. Elle maîtrise le mythe du vampire sur le bout des doigts, et venant d’une jeune auteure qui s’attaque à un sujet aussi vaste et exploité, ça frôle la perfection.

Avec « Dans les veines« , Morgane Caussarieu remet les points sur les I et les barres sur les T : non, les vampires ne sont pas tous gentils, ce sont des monstres sanguinaires et égoïstes, qui ne pensent qu’à eux… et à ne surtout pas se faire griller par le soleil. Merci pour ça, parce que Edward Cullen qui vous fait une soirée disco dès qu’il met le nez dehors en plein jour, je l’ai encore en travers de la gorge !

J’ai aussi impatiemment attendu une chose en particulier dans ce livre : la transformation. Comment, chez Morgane Caussarieu, on passe de l’état de poche de sang à celui d’immortel. Et là… Outch. J’avoue que c’est le seul bémol que j’apporterais à ma lecture, parce que la manière dont se passe les choses est comment dire… D’une violence extrême, et ne se fait pas en une seule fois comme on a pu le lire avant. C’est vraiment dégueulasse (pardonnez-moi l’expression), et ce n’est pas celle que je préfère dans ce processus…

Il y a quand même une précision importante à apporter pour les futurs lecteurs qui décideraient de se lancer dans la lecture de ce livre : si vous êtes des âmes sensibles, abstenez-vous. Le gore, le vrai gore je veux dire, où le sang et les tripes volent dans tous les coins est présent à chaque page. Morgane Caussarieu n’épargne pas son lecteur, parce que comme elle le dit si bien « Les gentils vampires, ça n’existe pas ». Ça, je le savais déjà, et l’auteure le confirme d’une manière aussi brillante que sanglante.

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