Retour à Birkenau | Ginette KOLINKA, avec Marion RUGGIERI

Retour_a_Birkenau « Moi-même je le raconte, je le vois, et je me dis c’est pas possible d’avoir survécu… »

Arrêtée par la Gestapo en mars 1944 à Avignon avec son frère, son petit frère et son neveu, Ginette Kolinka est déportée à Birkenau : elle sera seule à en revenir, après avoir été transférée à Bergen-Belsen, Raghun et Teresienstadt. Dans ce convoi se trouvent deux autres jeunes filles dont elle deviendra l’amie, Simone Jacob et Marceline Rosenberg, plus tard Simone Veil et Marceline Loridan-Ivens.

Ginette Kolinka raconte ce qu’elle a vu et connu dans les camps d’extermination. Les coups, la faim, le froid. La haine. Le corps et la nudité. Les toilettes de ciment et de terre battue. La crauté. Parfois, la fraternité. La robe que lui offrit Simone et qui la sauva.

Aujourd’hui, à 94 ans, dans toutes les classes de France, et à Birkenau, où elle retourne plusieurs fois par an avec des élèves, Ginette Kolinka se souvient en fermant les yeux et se demande encore comment elle a pu survivre à « ça ».

Ginette Kolinka vit depuis quelle a 12 ans rue Jean-Pierre Timbaud, à Paris. Elle a longtemps travaillé au marché d’Aubervilliers, où elle vendait des articles de bonneterie. Marion Ruggieri, journaliste et romancière, l’a accompagnée dans l’écriture de ce récit inoubliable.

Editions Grasset – 86 pages – 13 €


Moi-même, je le raconte, je le vois, et je me dis « ce n’est pas possible d’avoir survécu à ça. Je vois et je sens.
Mais vous, que voyez-vous ?

Quatre-vingt-quatorze ans. C’est l’âge de Ginette Kolinka, née Cherkasky, au moment où elle nous livre ce témoignage poignant. Et c’est plus qu’un témoignage, c’est l’histoire de toute sa vie qu’elle nous confie, parce que les souvenirs, il faut vivre avec. Même les pires.

Et c’est ce qu’elle a fait pendant 55 ans ans. Elle s’est tue. A sa famille retrouvée, à son mari, à ses nouvelles amies. Il n’en parle que ce jour de la semaine avec ses codétenues qu’elle en parle, ce jour qu’elles sont choisi ensembles, un jour de répit tout relatif à Birkenau. Une promesse faite entre amies, qui se sont juré de se retrouver après, si elles s’en sortaient. Elle n’en parlera qu’en 2000, le jour où elle poussa la porte de l’Union des Déportés d’Auschwitz (UDA), et fit son premier retour là-bas la même année.

Moi je n’ai jamais rien dit, pas même à mon mari.
Je n’ai jamais dit à mon fils ou à l’un de mes petits enfants : « Mange ! Si tu avais été là où j’ai été… »

Il est difficile de chroniquer ce témoignage, sans spoiler. Bon nombre d’entre nous connaissent malheureusement l’Histoire, voire sont même directement concernés, soit par le biais de témoignages de survivants de leurs ancêtres, soit parce que l’école le leur a appris. Et c’est devenu chose rare. Mes propres enfants savent, parce que je le ai transmis cette Histoire que l’éducation nationale a choisi de taire, ou de survoler dans certains cas. Mes enfants savent, ont vu des documentaires et des films (je pense au fabuleux « La liste de Schindler », de Steven Spielberg, inspiré d’une histoire vraie, en disant ça).

Je vais donc en dire peu, voire très peu. Je préfère vous laisser le lire, ce témoignage de vie.

Elle sera arrêtée à Marseille, pour être conduite à Drancy. S’ensuit ensuite le parcours de l’horreur : Birkenau , Bergen-Belsen (surnommé l’anarchie), Raguhn, le camp qui a besoin de main d’œuvre où elle manquera de nourriture (comme dans les autres camps). Mai 1945 : Theresiendstadt, en Tchéchoslovaquie. Un camp où elle retrouvera une semi-liberté, ou, tout du moins, une semi tranquillité.

Et je vais m’arrêter là, la gorge nouée. En vous disant ceci : lisez le. 86 pages, ce n’est rien. Transmettez l’Histoire de la Shoah. Parce que même si nous sommes au XXième siècle, ça recommence. Il y a juste à regarder vers la Tchétchénie.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.